Vous comprenez un texte en allemand. Vous connaissez vos déclinaisons. Pourtant, au moment de parler, les mots restent bloqués. C’est le frein le plus répandu chez les apprenants d’allemand. Le vendredi 9 octobre 2026, le CLIRAP a donc choisi de l’attaquer de front. Pour la première fois, ses trois centres de Lomé se sont affrontés. L’enjeu : un concours d’allemand entièrement oral, la CLIRAP Deutsch Cup. Voici ce que cette journée nous a appris sur la pratique de l’oral.

Pourquoi l’oral reste difficile à pratiquer en allemand

D’abord, le temps de parole en classe est limité. Un enseignant partage son cours entre tous ses élèves. Chacun ne parle donc que quelques minutes par séance. C’est d’ailleurs l’une des limites des cours que nous détaillons dans notre article immersion ou cours de langue.

Ensuite, la peur de l’erreur paralyse. Beaucoup d’apprenants préfèrent se taire plutôt que de mal conjuguer un verbe. Pourtant, c’est en se trompant que l’on progresse.

Enfin, les occasions de parler allemand restent rares au Togo. En effet, hors de la classe, peu d’apprenants croisent un germanophone au quotidien.

Or l’oral n’est pas une option. À l’examen ÖSD, l’expression orale est une épreuve à part entière, notée devant un examinateur. Pour bien vous y préparer, consultez notre guide ÖSD au Togo : tout ce qu’il faut savoir avant de s’inscrire.

La CLIRAP Deutsch Cup : un concours pour pratiquer l’oral en allemand

Le principe était simple : ici, on ne récite pas. On parle, on réagit et on convainc, devant un jury et devant un public.

Pourquoi ce concours ? Le directeur général du CLIRAP, M. AKPABLA avance deux raisons. D’abord, rassembler les trois centres autour d’un intérêt commun. Ensuite, créer un esprit de compétition entre apprenants, pour les pousser à s’améliorer. Il présente l’initiative dans cette vidéo.

Trois équipes se sont affrontées, une par centre : Agoè, Adidogomé (Doganto) et Baguida. Chaque équipe comptait huit candidats, du niveau A1 au niveau B2. Les débutants ont donc pris le micro aux côtés des plus avancés.

Le concours reposait sur trois épreuves.

Une présentation individuelle. Chaque candidat se présentait seul devant le jury. Il fallait parler clairement, structurer son propos et tenir face au trac.

Une question tirée au sort. Ensuite, le candidat tirait une question au hasard. Impossible de la préparer à l’avance. Il devait donc improviser sa réponse, comme dans une vraie conversation.

Un défi d’équipe. Enfin, les candidats d’un même centre unissaient leurs forces. Cette épreuve récompensait l’écoute, l’entraide et la capacité à rebondir sur les idées des autres.

Lehrer Arnaud coordonnait cette édition. Il revient sur la préparation des candidats et la nature des questions dans son interview.

Le palmarès de la première édition

Après une journée de présentations, d’improvisations et de défis, le classement est tombé :

  1. Adidogomé (Doganto), champion de la première édition
  2. Baguida
  3. Agoè

Ainsi, le centre vainqueur a remporté la coupe. Par ailleurs, six prix individuels ont récompensé les meilleures prestations. Quel est le secret de l’équipe championne ? Un candidat de Doganto et son coach vous le révèlent.

Palmarès de la première CLIRAP Deutsch Cup

Au-delà du classement, une victoire appartient à tous les candidats. Selon le directeur général, cette édition a révélé des apprenants qui, en classe, n’arrivaient pas à exprimer tout leur talent. Sur scène, ils ont osé. Pour Lehrer Francis, le constat est clair : la base est solide. L’objectif est désormais de hisser les apprenants vers un standard plus élevé.

Pratiquer l’oral en allemand : quatre leçons de la Deutsch Cup

1. Le trac se travaille

Parler devant un public fait peur. Cependant, chaque passage rend le suivant plus facile. Un candidat qui a affronté une salle aborde ensuite l’examinateur de l’ÖSD avec plus de calme.

2. L’improvisation s’entraîne

La question tirée au sort reproduit l’imprévu d’une conversation réelle. Pour vous y préparer, répondez à voix haute à des questions simples : votre journée, vos projets, votre ville. Chronométrez-vous, puis recommencez.

3. On progresse plus vite à plusieurs

Le défi d’équipe le montre : parler avec d’autres stimule. C’est aussi le principe du tandem, au cœur de la méthode du CLIRAP. Deux apprenants s’entraînent ensemble et se corrigent mutuellement.

4. Tous les niveaux ont leur place

En effet, des candidats de niveau A1 sont montés sur scène. Autrement dit, il n’est jamais trop tôt pour parler. Le Cadre européen commun de référence pour les langues prévoit d’ailleurs des compétences orales dès le premier niveau.

Combien de temps faut-il pour se sentir à l’aise à l’oral ? Tout dépend de votre point de départ et de votre régularité. Notre article combien de temps avant d’être prêt pour l’ÖSD vous donne des repères concrets.

Et la suite ?

Cette première édition ne sera pas la dernière. La Deutsch Cup est appelée à revenir, et Baguida comme Agoè ont désormais une revanche à prendre. Le CLIRAP remercie d’ailleurs toute l’équipe d’organisation, qui a rendu cette journée possible.

Une langue ne s’apprend pas en silence. Elle se gagne en osant la parler.

Vous voulez monter sur scène à la prochaine édition ? Tout commence en salle de cours. Écrivez-nous sur WhatsApp au +228 92 56 12 81.